27 mai 2026, Investissement, 9 min de lecture
Romans-sur-Isère et Valence dominent le classement avec plus de 6,4 % de rendement brut. À l'autre bout du spectre, Crest ou Loriol peinent à dépasser 4 %. Entre les deux, une quinzaine de villes aux profils très différents — rendement, plus-value, sécurité : voici les données pour choisir.
Données : DVF 2025 (DGFiP, open data), Loyers estimés : Observatoire Clameur, SeLoger, PAP
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| Ville | Rendement appt | Rendement maison | Prix appt (€/m²) | Prix maison (€/m²) | Évol. 4 ans | Transactions |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pierrelatte | 8,56 % | 4,46 % | 1 234 € | 2 125 € | +10,1 % | 162 ventes |
| Livron-sur-Drôme | 7,64 % | 4,48 % | 1 413 € | 2 222 € | -24,2 % | 134 ventes |
| Romans-sur-Isère | 7,18 % | 4,74 % | 1 638 € | 2 228 € | +9,8 % | 556 ventes |
| Valence | 7,00 % | 4,74 % | 1 971 € | 2 479 € | +5,3 % | 1 079 ventes |
| Bourg-de-Péage | 6,62 % | 4,69 % | 1 722 € | 2 201 € | +4,0 % | 132 ventes |
| Bourg-lès-Valence | 6,60 % | 4,39 % | 1 908 € | 2 517 € | +19,5 % | 329 ventes |
| Montélimar | 6,31 % | 4,31 % | 1 750 € | 2 366 € | +3,9 % | 655 ventes |
| Tain-l'Hermitage | 5,01 % | 3,91 % | 2 155 € | 2 515 € | +23,1 % | 88 ventes |
| Crest | 4,87 % | 3,60 % | 2 094 € | 2 601 € | +24,6 % | 115 ventes |
| Die | 4,87 % | 4,09 % | 1 922 € | 2 114 € | +9,8 % | 96 ventes |
| Saint-Paul-Trois-Châteaux | 4,53 % | 3,95 % | 2 253 € | 2 372 € | +37,5 % | 107 ventes |
| Portes-lès-Valence | 4,47 % | 4,06 % | 2 687 € | 2 599 € | +30,0 % | 139 ventes |
| Nyons | 4,21 % | 3,11 % | 2 340 € | 2 896 € | +4,6 % | 111 ventes |
| Loriol-sur-Drôme | N/D | 5,40 % | N/D | 1 822 € | N/D | 66 ventes |
| Grignan | N/D | 2,71 % | N/D | 3 319 € | N/D | 32 ventes |
Rendement brut = (loyer estimé mensuel × 12) / prix médian DVF 2025. Ne tient pas compte des charges, fiscalité ni de la vacance locative. Loyers estimés (non issus des DVF) : Clameur, SeLoger, PAP.
Les trois premières villes du classement partagent un point commun inattendu : elles ne sont pas celles qu'on identifie spontanément comme des eldorados de l'investissement. Romans-sur-Isère est souvent perçue comme un marché secondaire derrière Valence. Bourg-de-Péage est presque invisible dans les classements nationaux. Pourtant, ce sont précisément ces décotes de notoriété qui créent les meilleures conditions pour l'investisseur.
Romans-sur-Isère affiche un prix médian de 1 800 €/m² pour les appartements en 2025 — le moins cher des marchés avec une liquidité correcte dans tout le département. Avec un loyer estimé à 9,8 €/m²/mois, le rendement brut grimpe à 6,53 %. La ville enregistre 650 transactions annuelles, ce qui assure une revente possible sans attendre des mois. La progression sur 4 ans reste modeste (+5,2 %), mais ce n'est pas ce qu'on cherche ici : on cherche le flux, pas la plus-value.
Prix d'entrée accessible (1 800 €/m²), marché liquide (650 tx/an), loyers soutenus par la demande étudiante et les actifs valentinois. Idéal pour un premier investissement ou un T2 à rendement optimisé.
Valence complète le podium à 6,48 %, avec l'avantage d'un marché nettement plus profond : 1 215 transactions en 2025, soit le double de Romans. La demande locative est portée par le pôle universitaire, le pôle hospitalier et les actifs de l'axe rhodanien. Le risque de vacance y est structurellement plus faible qu'ailleurs dans le département. Contrepartie : les prix sont plus élevés (2 129 €/m²) et la mise de départ pour un T2 standard dépasse déjà les 100 000 €.
Marché le plus liquide du département (1 215 ventes/an). Vacance locative structurellement faible. Prix plus élevés que Romans, mais sécurité supérieure. Premier choix pour qui valorise la liquidité autant que le rendement.
Bourg-de-Péage ferme le podium à 6,15 %. Son prix médian (1 854 €/m²) est presque aussi bas que Romans, mais son marché est bien plus étroit : 146 transactions en 2025. L'évolution sur 4 ans est légèrement négative (-1,3 %), ce qui suggère une demande insuffisante pour soutenir les prix à la hausse. C'est un marché à surveiller plutôt qu'à plonger tête baissée : le rendement est là, mais la sortie sera moins fluide qu'à Valence ou Romans.
Rendement solide, prix d'entrée bas, mais liquidité limitée (146 tx/an) et légère baisse sur 4 ans. Convient à un investisseur avec horizon long et pas pressé de revendre.
Ces trois villes forment un second groupe cohérent : rendement brut entre 5 et 6 %, liquidité acceptable, marchés qui ne surprennent pas à la baisse. Pour un investisseur qui préfère un peu moins de rendement contre un peu plus de visibilité, elles constituent une alternative solide.
Bourg-lès-Valence (5,69 %, 392 transactions) est la commune qui a le plus monté sur 4 ans dans ce groupe (+24,9 %). Elle a absorbé une partie de la demande débordante de Valence, avec des prix qui restent inférieurs (2 215 €/m² contre 2 129 €/m² à Valence — un écart qui s'est resserré mais pas effacé). La progression future sera probablement plus modérée maintenant que les prix ont rattrapé une partie de leur retard.
Pierrelatte (5,42 %, 206 transactions) est la ville de l'échantillon la plus accessible parmi celles qui ont une liquidité correcte : 1 950 €/m² pour les appartements, avec une évolution stable (+2,1 % en 4 ans). La demande locative est soutenue par la proximité du site nucléaire du Tricastin et par les activités logistiques de la plaine rhodanienne. Ce n'est pas un marché glamour, mais c'est un marché solide.
Montélimar (5,27 %, 802 transactions) est la troisième ville la plus liquide du département après Valence et Romans. Son rendement est légèrement en retrait (+0,9 % sur 4 ans), mais sa taille et sa notoriété en font un choix rassurant pour qui veut un bien revente facile. La préfecture du Tricastin drôme attire aussi des actifs en déplacement professionnel, ce qui soutient la demande de petites surfaces.
Deux villes se distinguent nettement par leur trajectoire haussière sur 4 ans, au détriment du rendement courant.
Portes-lès-Valence affiche la progression la plus forte du département sur 4 ans : +34,5 % pour les appartements (de 2 088 à 2 808 €/m²). Cette envolée a mécaniquement comprimé le rendement brut à 4,27 %, un des plus bas de notre échantillon pour les appartements. La question qui se pose maintenant : y a-t-il encore de la marge de progression, ou le marché a-t-il déjà absorbé sa prime de rattrapage ? Avec 152 transactions en 2025, la liquidité reste correcte mais pas exceptionnelle. C'est une ville pour investisseur avec conviction sur la poursuite de la valorisation de l'axe valentinois.
Tain-l'Hermitage (+26,3 % en 4 ans, rendement 4,43 %) est un cas particulier. Son attrait touristique, son marché du vin (Crozes-Hermitage, Hermitage) et la gare SNCF en font un marché à part dans le département. Mais avec seulement 106 transactions en 2025, la liquidité est très faible : vendre peut prendre des mois. C'est un marché de conviction, pas un marché de sécurité.
Trois villes du bas du classement méritent un regard plus critique avant tout investissement.
Die affiche une chute de 30,3 % sur 4 ans pour les appartements (de 3 050 à 2 127 €/m²). Cette baisse brutale n'est pas nécessairement le reflet d'un marché qui s'effondre : avec seulement 125 transactions annuelles, la médiane peut être fortement influencée par quelques biens atypiques. Il faut rester prudent sur l'interprétation. Mais le rendement brut de 4,4 % pour un marché peu liquide et en tendance baissière ne constitue pas une proposition attrayante pour l'investisseur.
Crest cumule prix élevés (2 720 €/m² pour les appartements), évolution négative (-9,5 % en 4 ans) et rendement faible (3,75 %). C'est le moins bon rapport rendement/risque de l'échantillon. La beauté de la ville et sa cote dans les classements de qualité de vie ne se traduisent pas en argument locatif.
Grignan n'offre quasiment pas de données sur les appartements (37 transactions toutes catégories confondues en 2025). Le marché des maisons est réel mais très cher (3 528 €/m²) et très peu liquide : rendement brut de 2,55 %, le plus bas du département. Grignan est un marché de résidence secondaire ou de coup de cœur, pas un marché d'investissement locatif.
Les données 2025 confirment les tendances amorcées en 2024 : l'axe rhodanien reste le coeur du marché drômois en termes de liquidité et de dynamique de prix. Les petites villes rurales du sud (Grignan, Nyons, Die) ont du mal à générer des volumes suffisants pour des médianes robustes. La correction des taux d'intérêt amorcée depuis 2024 a légèrement relancé les volumes sans provoquer de rebond général des prix — ce qui explique pourquoi les rendements se maintiennent à des niveaux corrects malgré la reprise progressive de l'activité.
Un point important : les loyers utilisés dans ce calcul sont des estimations de marché, pas des données DVF (les DVF ne couvrent que les prix de vente). Ils sont basés sur les observatoires Clameur et les annonces locales. La mise à jour annuelle des prix DVF fait automatiquement évoluer les rendements présentés ici — une hausse des prix d'achat réduit mécaniquement le rendement brut, toutes choses égales par ailleurs.